Des mots qui sauvent ! - Ça ne vous a pas échappé, l'édito !

23 février 2026
 

Il y a quelques jours, je suis tombé dans la rue sur une publicité pour le nouveau livre de Judith Godrèche, Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux. Et une phrase écrite en gros sur le panneau publicitaire m’a arrêté, ça ne pouvait pas m’échapper : “Les mots m’ont sauvée plusieurs fois.”
Sauvée.
Rien que ça.
Pas aidée, pas consolée ou réconfortée.
Non, sauvée.

Depuis le mouvement #MeToo, dont Judith Godrèche est devenue l’une des voix emblématiques en France, on parle beaucoup de « libération de la parole » pour évoquer la rupture du silence et la mise en mots de l’emprise et de la violence. Et ce, dans tous les milieux, qu’ils soient sportifs, artistiques, professionnels, ecclésiastiques ou éducatifs. “Libération de la parole”, parce que la parole autrefois cadenassée s’exprime désormais plus librement, mais aussi parce qu’au sens littéral, la parole libère vraiment. Mettre des mots sur ce que l’on a subi, sur ce que l’on porte, c’est déjà desserrer l’étau. Tant que tout reste enfoui, le silence devient une prison intérieure. Les mots, eux, ouvrent une fenêtre.
Alors Judith écrit, parce que c’est thérapeutique. Elle remet en ordre ses souvenirs et les couche sur papier, « geste littéraire salvateur », même si son discours ne plaît pas à tout le monde et lui occasionne beaucoup de détracteurs. Ses mots — qu’elle les écrivent ou qu’elles les disent — sont pour elle une manière de survivre, de comprendre, de se reconstruire et de transformer la souffrance en quelque chose de plus fort. C’est dans ce sens qu’elle peut dire que “les mots l’ont sauvée plusieurs fois”, là où tant d’autres fois, les mots peuvent mentir, détruire, manipuler, blesser et abîmer.
Mais tout ça, ce n’est pas nouveau et on n’a pas attendu, excusez du grand écart, ni Sherifa Luna et ses “mots qui rendent accro”, ni Martin Luther King et son célèbre “I have a dream”, pour savoir que les mots ont un pouvoir et que certaines phrases peuvent changer les choses, en mal ou en bien.

Non, ce n’est pas nouveau. Déjà dans la Bible, le psalmiste décrivait le poids du non-dit : “Tant que je me taisais, mon corps dépérissait…” avant d’ajouter : “Je t’ai fait connaître mon péché… et tu as pardonné.” Autrement dit, la guérison commence quand la bouche s’ouvre. Dire son mal-être, sa honte, sa détresse, c’est le premier pas vers la lumière.

C’est d’ailleurs ce que rappellent souvent et très justement les campagnes de prévention du suicide : parler sauve. Mettre des mots sur l’obscurité empêche parfois qu’elle nous engloutisse. Une conversation peut être un fil de survie. Une écoute attentive peut empêcher l’irréparable. Là encore, les mots ne sont pas décoratifs : ils sont vitaux.
Mais la Bible va plus loin encore. Elle nous parle de mots qui ne sont pas seulement un accompagnement vers la guérison, mais la guérison. Une parole performative, créatrice : c’est la parole de Dieu, celle au sujet de laquelle il est écrit, à nouveau dans les Psaumes : “Il envoya sa parole pour les guérir, il les arracha à la mort.” Et que dire des mots de Jésus, qui relèvent les exclus, rendent la vue, pardonnent aux coupables, calment les tempêtes. “N’aie pas peur”, “Lève-toi”, “je le veux, sois pur”, “Je ne te condamne pas”. Des mots qui jamais ne nient la souffrance, mais offrent un avenir, une espérance.
Comment enfin ne pas mentionner ces mots pourtant si simples qui nous ouvrent les portes du salut ? Car Les mots qui sauvent, ce sont aussi ceux qui sortent de notre bouche pour exprimer notre foi. La Bible promet que “Si tu reconnais publiquement de ta bouche que Jésus est le Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé.”

Alors oui, les mots nous ont peut-être déjà blessés, mais ils peuvent aussi sauver. Ceux que l’on prononce pour sortir du silence et dire sa souffrance. Et en ce mois de février dédiée aux Journées nationales de prévention du suicide, je ne peux que vous encourager à oser parler et vous confier. La ligne d’écoute anonyme et gratuite de notre partenaire Il y a 1 espoir est là pour ça, au 04 72 70 95 10. 04 72 70 95 10 n’hésitez pas.
Et puis, il y a les mots bienfaisants, que l’on reçoit d’un ami, ou d’un proche. Et je l’espère aussi ce matin, ceux que l’on accepte d’entendre de la part de Jésus. Pour chacun de nous, Il a les mots. Les mots qui sauvent. Très bonne journée à tous sur ESSENTIEL radio !