Palme d'espoir - Ça ne vous a pas échappé, l'édito !

25 mai 2026
 

Après la quinzaine du cinéma sur la Croisette… place désormais à la quinzaine de la petite balle jaune. Cannes remballe ses tapis rouges pendant que Roland-Garros déroule sa terre battue. Mais avant de ranger les projecteurs et de sortir nos raquettes, petit retour sur cette édition 2026 du Festival de Cannes dont le palmarès, ça ne vous a pas échappé, était fortement teinté de géopolitique… et aussi d’une certaine inquiétude.

À l’image du film lauréat de la Palme d’or, Fjord, mettant en scène un couple protestant évangélique qui s’installe en Norvège et qui se voit retirer la garde de ses enfants par les services sociaux pour leur avoir donné une fessée. Une accusation de mauvais traitements autour de laquelle le réalisateur roumain Cristian Mungiu bâtit une réflexion sur les fractures de notre société, entre 2 visions du monde, entre conservatisme et progressisme.

Bien sûr, on aurait préféré que les évangéliques remportent la Palme autrement que sous une accusation de maltraitance… mais au-delà du sujet lui-même, j’aimerais revenir sur le discours du réalisateur au moment de recevoir sa récompense : ​​

“L’état du monde aujourd’hui n’est pas le meilleur. Je ne suis pas très fier de ce qu’on laisse à nos enfants. Je crois qu’avant de leur demander de faire des changements, c’est important que nous, on fasse des petits changements… Cela devrait commencer avec nous.”

Difficile de ne pas être d’accord avec ce constat honnête. On aimerait tous que le monde change : moins de violence, moins de haine… Mais le changement commence rarement “chez les autres”. Il doit d’abord commencer avec nous, il doit même s’opérer en nous.

Toujours lors de la cérémonie de clôture du festival, il y a un autre discours qui m’a interpellé. Celui de l’actrice Tilda Swinton qui était chargé de remettre la prestigieuse palme. Et elle a eu des mots forts pour rendre hommage au Festival de Cannes dans le contexte d’un monde ressemblant je cite, à “une mer déchaînée”.

“Pendant 11 jours, a poursuivi l’actrice, nous sommes ici sur ce radeau, nous avons seulement le refuge d’un écran, nous qui croyons que le cinéma est notre meilleur espoir, le paradis libre de notre curiosité et de notre émerveillement partagé. Ce rassemblement mondial est un geste de foi dans notre pouvoir de nous influencer mutuellement (…) et un encouragement dans notre volonté de nous écouter (...), de ne pas détourner le regard (...) mais de sentir naître en nous cette douce sensation de reconnaissance, de compassion humaine, d’empathie… pour nous ouvrir à de nouvelles perspectives, à la vulnérabilité, à la dignité humaine, à l’inexprimable et à l’invisible, à l’espoir. Ce grand espoir, c’est ça qui fait tourner le monde.” a conclu Tilda Swinton, avant de terminer, en français s’il vous plaît, avec un “Vive la différence, vive le cinéma et vive la race humaine !”

Vous avez remarqué vous aussi, l’emploi de tout ce vocabulaire “spirituel” ?
“Nous croyons”, “espoir”, “paradis”, “foi”, “compassion”, “invisible” : en deux-trois phrases, Tilda Swinton s’est faite en quelque sorte la porte-parole de notre époque, à la recherche désespérée d’un refuge dans un monde incertain et égoïste, fracturé et radicalisé.

Alors d’où viendra Notre Salut pour reprendre le titre d’un autre film primé cette année à Cannes ? Du cinéma, vraiment ? Ce dernier peut nous émouvoir, nous faire réfléchir, il peut dénoncer, résister, mais croire que l’invention des frères Lumière pourrait nous sauver est un doux rêve.
De la race humaine alors peut-être ? Ne nous berçons pas d’illusions : nos tentatives de parvenir à cette “douce sensation de compassion, de dignité humaine et d’empathie” semblent in fine vouées à l’échec, en tout cas l’histoire, l’expérience et le temps ont prouvé que notre humanité se trouvait sur ce plan bien défaillante.

Non, au milieu de cette mer agitée, le véritable refuge ne se trouve ni sur un écran, ni dans nos idéaux humains, aussi nobles soient-ils. Dieu, nous assure la Bible, est “pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse.”
Au cœur de l’obscurité de ce monde et des tempêtes que nous affrontons, un radeau de fortune ne suffit pas et la lumière dont nous avons besoin pour nous guider n'est pas celle des projecteurs d’une salle de cinéma. La véritable lumière vient de Jésus-Christ. “Je suis la lumière du monde, a-t-il déclaré. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie”.
Jésus est venu jusqu’à nous humblement sans que personne ne lui déroule le tapis rouge. Il n’a pas monté les marches sous les flashs et les applaudissements. Il les a au contraire descendues une à une, au milieu des cris de haine, dans un abaissement total, jusqu’à la mort de la croix.

Tout cela, il l’a fait par amour, pour offrir au monde ce que ni le cinéma, ni la politique, ni même l’humanité ne pourront jamais produire par eux-mêmes : le pardon de nos fautes et la réconciliation avec Dieu. Notre salut, c’est lui, c’est Jésus et pour rester encore un peu dans le langage cannois, c’est à lui, sans conteste, que revient la Palme d’espoir.
Excellente journée à tous sur ESSENTIEL radio !