06 avril 2026
François et Danielle.
Nina, Jacques, Georgy.
Serge, Ginie, Cyprien, Gabrielle.
Émile. Ou encore Grégory.
Ces prénoms ont ceci en commun qu’ils évoquent des innocents dont la vie a été fauchées sans raison ou alors, pour de bien mauvaises. Ils ne sont hélas pas seuls dans cette interminable galerie de personnes parties brutalement et dont l’histoire n'aurait jamais dû s’arrêter.
Chaque jour, partout dans le monde, des innocents meurent.
Dans le fracas des guerres. Dans la violence des faits divers.
À la une de nos actualités. Souvent aussi dans l’indifférence.
A des milliers de kilomètres ou tout près de nous.
Comme à Villers-Semeuse dans les Ardennes il y a quelques jours, où deux tranquilles septuagénaires ont été retrouvés morts à leur domicile, poignardés par leur propre petite-fille de 16 ans et son petit ami. 11 coups de couteaux portés par ce couple diabolique qui a reconnu les faits et sera donc jugé pour homicide volontaire avec préméditation.
Ce qui est frappant — et je suis certain que cela ne vous a pas échappé —, c’est de constater, avec le recul des années et de l’Histoire, que ces gestes à la fois incompréhensibles et brutaux, se répètent inlassablement et reviennent sans cesse comme des vagues de haine et de folie meurtrière qui déferlent sur nos rivages, emportant dans leur sillage, à chaque fois, de pauvres innocents.
En ce sens, la date du lundi 6 avril est loin d’être anodine : elle réveille, comme on dit, notre mémoire.
Il y a 82 ans, le 6 avril 1944, premier jour des vacances de Pâques, 44 enfants juifs et leurs 7 éducateurs étaient arrêtés dans leur maison d’Izieu par la Gestapo. Les jeunes pensionnaires avaient entre 4 et 17 ans. Pour échapper à la haine nazie, ils avaient trouvé refuge dans l’Ain entourés de l’affection de Miron et Sabine Zlatin. Mais raflés à Izieu, emprisonnés à Montluc, puis déportés via Drancy à Auschwitz-Birkenau et Tallinn, les enfants ne reviendront pas, cruellement assassinés, nous laissant aujourd'hui en héritage leur lettres, leurs dessins, quelques clichés et le souvenir de leurs éclats de rire.
Autre mémoire tragique qui se rappelle à nous cette semaine : celle du génocide des Tutsis au Rwanda. C’est demain, 7 avril, que l’on commémorera cet autre crime contre l’humanité qui a conduit, en seulement cent jours, d’avril à juillet 1994, au massacre de près d’un million de Rwandais. Là aussi, des innocents. Assassinés parce qu’ils étaient nés du mauvais côté d’une identité.
Alors bien sûr, à l’évocation de tous ces drames et injustices, j’entends déjà la question : Où est Dieu dans tout cela ?
Où est-il quand d’innocents enfants montent dans des trains sans retour ?
Où est-il quand des familles sont décimées à la machette par leurs voisins ?
Où est-il quand l’amour et la générosité de grands-parents sont trahis à coups de couteau par leur propre petite-fille ?
Certains répondront : Dieu n’est pas là. Ou même : il n’existe pas.
Et pourtant… la foi chrétienne ne répond pas avec des explications toutes faites.
Alors qu’il était dans d’atroces souffrances à la fois physiques et morales, après avoir tout perdu, Job a refusé de lever le poing contre son créateur. Après les questions et le découragement, il a finalement compris que Dieu l’aimait et se tenait auprès de lui au cœur de sa souffrance. Qu’il était aussi capable de le rétablir et de le consoler complètement et c'est d'ailleurs ce qui s’est passé.
De Joseph à Etienne, en passant par Esther ou Daniel, la Bible regorge de témoignages d’hommes et de femmes innocents, et pourtant victimes de la haine et de l’injustice. Quelle qu’ait été l’issue de leur épreuve, heureuse ou non en apparence, Dieu, à chaque fois, s’est tenu à leur côté.
Et puis, en ce lundi de Pâques, comment ne pas se souvenir de cet innocent parmi les innocents : Jésus.
Il n’avait commis aucun mal, aucun péché, aucune violence, et dans sa bouche, on n’avait pu trouver aucune fraude.
Pourtant, lui aussi a été arrêté, jugé injustement, condamné, torturé et exécuté.
Mais vous l’avez remarqué, dans cet édito, les dates sont importantes, alors nous nous souvenons aussi en cette journée spéciale que Pâques, c’est la vie plus forte que la mort. La résurrection.
Et si, au lieu de chercher un Dieu absent, on découvrait un Dieu qui souffert pour nous, qui souffre pour nous… et qui ouvre, malgré tout, un chemin de vie ?
Certes, cela ne répondra pas à toutes nos questions immédiates, cela ne supprimera pas les drames, cela n'effacera pas les larmes. À cause du péché, auquel les humains ne veulent pas renoncer, des innocents continueront de mourir et cela restera un scandale.
Mais si Jésus est vivant, alors, croyez-moi, la mort n’est pas une fin pour tous ceux qui placent leur confiance en Lui… l’injustice n’est pas définitive… nos vies ont un avenir !
Très bonne journée à tous sur ESSENTIEL radio !